Dot et Tot au Pays Joyeux - Chapitre 17

Animaux mécaniques

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En arrivant à la voie ferrée, ils prirent garde que le train en fer blanc ne leur rentre dedans. Ils attendirent que tous les wagons furent passés et traversèrent la voie avant que le train n'eut accompli le tour complet et ne revienne.
Le carrousel tournait lentement, et les animaux sellés trottaient sur le bord de la plate-forme, tandis que l'orgue de Barbarie jouait une musique de cirque entraînante.

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« On dirait une fête foraine ! » s'écria Dot avec enthousiasme en prenant place sur un chameau. Tot monta un cheval gris-pommelé et la Reine s'assit sur le dos d'un lion en s'agrippant à sa crinière.
Ils tournèrent ainsi un moment, en y prenant un immense plaisir, Dot riait à gorge déployée quand elle remarqua que le tigre qui couraient devant elle pleurait à chaudes larmes.

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« Vous... vous n'êtes vraiment pas gentille, » se lamenta celui-ci, d'une voix entrecoupée de sanglots, « parce que vous montez sur un animal bossu, et... et vous négligez un... un tigre royal du Bengal ! »
« Eh bien, je vais changer ! » s'écria-t-elle, et elle sauta du dos du chameau sur celui du tigre, qui sécha immédiatement ses larmes et eut un sourire radieux.

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« On a rarement de la visite dans cette Vallée, » dit il en s'essuyant les yeux avec un mouchoir glissé sous sa bride, « la plupart du temps, il n'y a personne pour nos monter. Je ne vois pas l'utilité d'un carrousel si personne ne l'utilise. »
La Reine remarqua que d'autres animaux avaient l'air mécontents, alors elle et Tot se mirent à changer de montures. Pendant ce temps, Monsieur Double-Face était revenu et il les appela pour le souper. Tour à tour, ils avaient monté tous les animaux, et le gardien de l'orgue de Barbarie constata que tout le carrousel baignait dans la joie.
« Çà fait du bien à mes animaux d'avoir des visiteurs, » dit il joyeusement, « çà les encourage. »
Monsieur Double-Face étendit une nappe blanche sur l'herbe, non loin de la lisière de la forêt, Dot, Tot et la Reine vinrent s'asseoir autour et dégustèrent les fruits succulents ramenés par l'étrange personnage. Il y avait des melons, du raisin, des bananes, des oranges, des prunes, des fraises et des poires, tous mûrs à point et délicieusement parfumés.
Quand ils eurent fini leur repas, le crépuscule arrivait, et la Reine, déclara que la nuit tomberait bientôt.
« Où est ce qu'on va dormir ? » demanda Tot. Mais Dot remarqua que Monsieur Double-Face était en train de fixer trois grands hamacs entre les arbres à la lisière de la forêt. Ces hamacs étaient rembourrés de coussins moelleux et confortables, cela convenait parfaitement aux enfants qui tombaient de sommeil.
La Reine, Dot et Tot montèrent chacun dans un hamac et se couvrirent de couvertures de velours bien chaudes. Après quoi, Monsieur Double-Face actionna sa clé au bout de chaque hamac, ce qui les fit se balancer comme des berceaux.

Avant de s'endormir, Dot jeta un œil par dessus le bord de son hamac, et elle vit que le carrousel et le train étaient immobiles, quant aux animaux, ils avaient l'air d'être tombés en panne, ils attendaient tranquillement Monsieur Double-Face vienne les remonter au matin.
Le lendemain, la petite fille fut réveillée par un cliquement métallique tout proche, elle ouvrit les yeux et vit un petit singe en fer blanc monter et descendre le long d'un fil accroché à une branche.
« Non, mais... » dit elle en l'observant avec curiosité, « vous êtes déjà remontés à cette heure là ? »

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« En effet, » répondit le singe, toujours occupé à grimper sur son fil, « Monsieur Double-Face est passé il n'y a pas longtemps. À l'heure qu'il est,  je pense que presque tout le monde est en train de fonctionner dans la Vallée. »
« Je ne savais pas qu'il était si tard. » dit Dot en se glissant hors de son hamac, un peu honteuse de sa paresse.
Tot était déjà réveillé, il était assis au bord de la voie ferrée en train de regarder le train rouler. La Reine rejoignit Dot et elles appelèrent Tot pour le petit déjeuner, Monsieur Double-Face avait ramené une grande variété de fruits qu'il avait disposés sur la nappe.
« Il les a cueillis avant de se dédoubler, » expliqua la Reine, « il avait besoin de ses deux mains pour les transporter. Mais pour remonter les animaux, il peut se séparer en deux moitiés pour pouvoir utiliser chaque main à différents endroits en même temps, comme çà, çà va plus vite. »
« Monsieur Double-Face, son nom lui va bien. » dit Dot, en train de déguster les fruits.
« Oui, on n'aurait pu lui trouver meilleur nom. » répondit la Reine.
« J'imagine que votre nom doit bien vous aller aussi ... » se hasarda à lancer la fillette.
« Tout à fait, il me sied parfaitement. » répondit la Reine.
Le cœur de Dot se mit à battre, car elle pensait qu'elle allait enfin connaître son nom. Cela avait aussi l'air d'intéresser Tot, qui avait délaissé sa tranche de melon pour écouter.
« Vous ne nous l'avez toujours pas dit. » dit la fillette.
La petite Reine se mit à rire joyeusement. « Comme c'est drôle ! » s'exclama-t-elle, « j'oublie toujours de vous le dire, vous avez parfaitement le droit de le connaître. »
« Alors ? » intervint abruptement Tot, « vous nous le dites ? »
« Bien sûr, » dit elle, « je m'appelle... »
Juste à ce moment là, ils entendirent un grand fracas, un crissement de roues et le son strident d'un sifflet. Ils se levèrent d'un bond, et ils virent le train gisant, complètement retourné, à côté de la voie, avec ses roues en train de tourner dans le vide. Non loin, une chèvre en bois et sa cariole étaient étalés sur le sol, brisés en mille morceaux.

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Ils accoururent sur les lieux de l'accident, la bonne petite Reine ramassa le train de fer blanc et le remit sur ses rails. La locomotive se remit en route à son allure habituelle, mais Dot remarqua que le chasse-pierres était tordu et que la peinture était érafflée çà et là.

« Il y a eu une collision, » dit calmement son Altesse, « çà faisait un moment je m'inquiétais pour cette chèvre, quand je la voyais se promener comme çà le long de la voie, je me doutais qu'elle se ferait renverser avec sa cariole. Maintenant, elle est irréparable, c'est dommage, mais tant pis. »
Pendant qu'elle parlait, la patrouille de police et les pompiers surgirent en même temps et un officier demanda :« que se passe-t-il ? »
« Vous arrivez trop tard, » dit la Reine, « c'est fini. »
« Alors on n'a plus qu'à s'en aller, » ronchonna l'officier, « à chaque fois, qu'on arrive quelque part, tout est déjà fini, c'est pour çà que maintenant on prend notre temps pour venir.  »

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« Très bien, » dit la Reine, une fois que les policiers et les pompiers furent retournés dans leurs bâtiments, « il est temps que nous partions. »
Ils cherchèrent après Monsieur Double-Face, ais ne le trouvant pas, ils empruntèrent le chemin qui traversait la forêt vers la rivière. Chacun fit couiner à nouveau l'Alligator en marchant dessus, ce qui le remplit d'aise.
Le bateau était toujours amarré là où ils l'avaient laissé, ils montèrent à bord et s'installèrent sur les sièges.
« J'aurais bien aimé dire au revoir à Monsieur Double-Face, » alors que le bateau avançait sur l'eau.
« Il est tellement occupé qu'il ne vous en voudra pas, » répondit la Reine, « je pense qu'il était en train de remonter les animaux dans la forêt quand nous sommes partis. Je crois bien qu'il n'y a personne en ce monde qui travaille autant que Monsieur Double-Face, mais çà a l'air de lui plaire. »
Maintenant, le bateau voguait à grande allure, bientôt, la forêt disparut et ils pénètrèrent dans l'arcade menant à la Septième et dernière Vallée du Pays Joyeux.

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*C'est la pièce de métal à l'avant des locomotives anciennes pour écarter les obstacles comme les pierres, les branches d'arbres ou les animaux, on en voit souvent dans les westerns.

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