Dot et Tot au Pays Joyeux - Chapitre 18

La Vallée des objets perdus

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Dot et tot 18 1

C'était le matin, le soleil était aussi radieux qu'à leur premier jour dans le Pays Joyeux, cependant, le calme de cette Septième Vallée était si profond que les enfants en furent saisis à l'instant où ils y pénétrèrent, le visage de cire de la Reine avait même perdu son sourire, elle avait maintenant une mine préoccupée.
« Les gens qui vivent ici doivent dormir, où alors ils ont besoin d'être remontés comme les animaux. » dit Tot à voix basse.
« Il n'y a personne. » répondit la Reine.
« Alors, elle sert à quoi, cette Vallée ? » demanda la fillette.
« Vous allez voir, attendez un peu. »
Le bateau voguait près du bord, mais les rives étaient tellement hautes et raides qu'ils ne pouvaient rien voir au delà, Dot pensa même qu'ils ne pourraient jamais aborder nulle part.
Ils parvinrent cependant à un endroit où la rive s'abaissait au niveau de l'eau, la Reine y fit arrêter le bateau et demanda aux enfants de descendre.
« Suivez moi. » leur dit elle une fois qu'ils furent à terre. Ils arpentèrent la pente de la colline qui se dressait devant eux, parvenus au sommet, ils virent une grande plaine circulaire et plate comme une assiette, le sol était couvert de milliers et de milliers d'épingles et d'aiguilles. Il n'y avait aucun arbre, mais il y avait des piles d'objets hétéroclites éparpillées çà et là.
Près de Dot il y avait une pyramide de dés à coudre de toutes les tailles en différents matériaux, plus loin, un tas de boutons d'une multitude de formes et de couleurs inimaginable, il y avait aussi un vaste choix d'épingles à cheveux, de bagues et toutes sortes de bijoux.
Tot remarqua une tas géant de crayons à moine de plomb, certains étaient encore assez longs et presque neufs, de certains autres il ne restaient plus qu'un morceau usé.
« C'est quoi, tout çà ? » demanda Dot, ébahie, après avoir lancé un regard à la Reine.
« C'est la Vallée des objets perdus. » répondit elle.
« Oh ! » fit Dot.
« Oh ! » fit Tot en écho.
Ils contemplèrent le spectacle les yeux écarquillés.
« C'est plutôt risqué de marcher sur les épingles, » dit la Reine, « nous allons nous trouver des grosses bottes dans ce tas et les enfiler par dessus nos chaussures. Le sol de cette vallée est entièrement recouvert d'aiguilles perdues, certaines ont la pointe tournée vers le haut et peuvent se planter dans vos pieds. »
La pile de bottes se trouvait non loin d'eux, ils fouillèrent dedans pour en trouver de la bonne taille. Bien sûr, elles étaient dépareillées, mais cela n'avait pas d'importance, du moment que la semelle était suffisament épaisse pour les protéger des aiguilles.
Une fois qu'ils eurent enfilé des bottes perdues, ils se mirent en route à travers la Vallée, Tot fut surpris de voir autant de casquettes et de manteaux ayant appartenus à des petits garçons et posés en tas.
"Where do they all come from?" he asked.
« D'où çà vient, tout çà ? » demanda-t-il.
« Eh bien, » répondit la Reine,  « il semble que les petits garçon du grand monde extérieur oublient souvent d'accrocher leur manteau et leur casquette, c'est pourquoi ils les perdent facilement. S'ils savaient qu'ils ne les retrouveraient  jamais du fait que leurs affaires se retrouvent ici, ils en prendraient plus de soin. »
« Vous croyez ? » demanda Tot.
« Je pense, il y a aussi un grand tas de pennies, j'imagine que beaucoup ont aussi été perdus par des enfants. »
« On a qu'à en prendre ! » s'écria Tot.
« Surtout pas, » dit Dot, « si on les prend, ils ne seront plus perdus. »
« Ils ne seront jamais retrouvés ? » demanda le petit garçon.

« Je ne crois pas, » répondit la Reine, « à part vous, personne n'est jamais venu ici, et certainement que plus personne ne viendra jamais dans cette Vallée. »
« Nous, on est à notre place, ici. » déclara Tot.
« Pourquoi ? » demanda la fillette.
« Parce qu'on est perdus aussi !  »
« C'est vrai que nous le sommes, » dit Dot, tristement, « mais en général, les personnes disparues, on les retrouve, car à part nous, je n'en vois pas une seule ici. »
Un peu plus loin, ils virent une masse de jouets cassés éparpillés sur le sol. Il y avait aussi des poupées, Tot se précipita sur l'une d'elles qui était en piteux état, sa robe était en lambeaux, elle avait un bras cassé et un œil en moins.
« Je l'ai retrouvée ! » s'écria-t-il joyeusement, « j'ai retrouvé Jane ! Je vais la reprendre. »
« Il s'agit vraiment de votre poupée ? » demanda la Reine, un peu intriguée.
« Oui, c'est bien elle, » répondit Tot, « je l'avais perdue. »
« Je ne vois donc pas ce qui vous empêcherait de la récupérer, elle n'appartient à personne. »
« Bien sûr que non. » dit le petit garçon en étreignant la poupée cassée dans ses bras.
« Il y a pas mal de gants et de mouchoirs perdus. » remarqua Dot en examinant les piles alentours.
« Oui, » répondit la Reine, « et à l'autre extrémité de la Valléen il y a des tas de portefeuilles, chaque tas est aussi grand qu'une meule de foin. Les gens ne font pas assez attention à leurs portefeuilles. »
« Il y a de l'argent, dedans ? » demanda la fillette.
« Dans certains, il y a beaucoup d'argent, dans d'autres, seulement quelques pennies. Il y en a aussi qui sont remplis de papiers divers et de cartes de visite, » dit la Reine, « je vous y emmènerais bien, mais il y a une colline couverte d'épingels perdues, et j'ai peur que nos bottes ne suffisent pas à nous protéger de leurs pointes. »
« C'est toujours difficile d'avoir de l'argent. » dit Tot en soupirant.
Parmi les objets étalés sur le sol, Dot remarqua un orgue de barbarie, comme ceux que transportaient les musiciens de rues. Il n'y avait pas de petit singe avec, et il avait l'air en mauvais état.
« Je me demande depuis combien de temps il est là. » dit elle d'un air pensif.
« Mettez le donc en route, et on verra. » suggéra la Reine.
Dot redressa l'orgue de barbarie et tourna la manivelle, alors il se mit à jouer de manière poussive et saccadée un air appelé en anglais Silver Threads Among the Gold*.
« Ma parole, c'est vieux comme chanson. » dit Dot.
« En tous cas, c'est joli, » dit la Reine, qui n'avait jamais entendu cet air auparavant, « pouvez vous en jouer une autre ? »
Cette fois ci, il s'agissait de Little Annie Rooney*, suivi de Captain Jinks* et de Two Little Girls in Blue*.
« Je crois bien que cet orgue de barbarie a été perdu avant ma naissance, » soupira Dot,  « çà m'a l'air drôlement vieux. »

Dot et tot 18 2

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*Pour en savoir plus sur ces chanson, cliquez donc sur les titres ! (NdT)

Voir aussi :

Etiquette musique

 

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