La Clef-Maîtresse - 7

Le Démon se fâche

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The master key 7

 

Une fois que sa mère et ses sœurs l'eurent embrassé et câliné, et que même Monsieur Joslyn se fut laissé aller à une chaleureuse accolade, Rob leur raconta ses aventures. Son histoire fut accueillie par des regards sceptiques et des hochements de têtes dubitatifs, comme il fallait s'y attendre dans ce genre de circonstances.

« Mon cher fils, » dit son père, « j'espère que tu as suffisamment affronté de dangers pour le restant de tes jours, et que dorénavant, tu resteras tranquillement à la maison. » 

« Oh, Robert ! » s'écria sa mère, les yeux pleins de larmes, « tu n'imagines pas comme on s'est inquiété pendant une semaine ! »

« Une semaine ? » demanda Rob, surpris.

« Oui, çà fera une semaine demain, depuis que tu t'es envolé et que tu as disparu. »

« Alors, » dit le garçon d'un air pensif, « je suis revenu à temps. » 

« À temps pour quoi ? » demanda-t-elle.

Mais il ne répondit pas. Il pensait au Démon, et que cet après-midi, il devait s'attendre à une seconde visite du très grand et très sage génie.

Bien qu'il n'avait pas faim, il joignit sa famille à table pour le déjeuner, et il rassura sa mère en mangeant d'aussi bon appétit que d'habitude. Il fut surpris de trouver la nourriture aussi bonne, et à quel point il est agréable de satisfaire le sens du goût. Les pilules étaient parfaites pour un voyage, se disait il, mais s'il ne se nourrissait que de çà, il passerait à côté de plein de choses agréables, puisqu'elles n'avaient aucun goût.

À seize heures, il se rendit à son atelier et déverouilla la porte. Tout était resté tel qu'il l'avait laissé, et il regarda ses appareils électriques avec amusement; Comme ils lui semblaient primitifs à côté des merveilles en sa possession. Cependant, il se rappela que c'étaient tous ses câbles qui lui avaient permis d'actionner la Clef-Maîtresse, ils méritaient donc une certaine considération.

Peu après, il sentit une vibration dans l'air, comme s'il était soudainement surchargé en électricité, et l'instant d'après, le Démon apparut dans un éclair fulgurant.

« Je suis là ! » annonça-t-il.

« Moi aussi, » dit Rob, « mais pendant un moment, j'ai bien cru ne jamais vous revoir, vous savez, je suis... » 

« Épargnez moi votre histoire, » répondit froidement le Démon, « je suis au courant de tout. » 

« Ah bon ! » fit Rob, interloqué, « Alors vous... » 

« Je suis au courant de toutes vos bêtises, » l'interrompit le Démon, « car pendant tout ce temps, j'étais avec vous, mais j'étais invisible. » 

« Alors vous savez le bon temps que je me suis payé, » rétorqua le garçon, « pourquoi dites vous que c'étaient des bêtises ? » 

« Parce que vous avez été tout bonnement stupide ! » lui retourna amèrement le Démon, « je vous avais confié ces instruments d'un intérêt scientifique inestimable, des dispositifs électriques qui pourraient amener une ère nouvelle pour l'humanité. J'espérais qu'ils susciteraient la curiosité des chercheurs, qu'ils en saisiraient le fonctionnement et sauraient les reproduire en quantité suffisante pour satisfaire tout le monde. Et comment traitez vous ces merveilles ? Vous les ramenez dans une île de cannibales, où même votre civilisation rudimentaire n'a pas encore pénétré ! » 

« Je voulais impressionner ces primitifs. » dit Rob, en souriant. 

Le Démon poussa une exclamation de colère, il frappa violemment du pied, produisant des étincelles qui s'estompèrent en crépitant.

« Vous auriez tout aussi bien impressionné ces sauvages avec une simple torche électrique, » le railla-t-il, « les pouvoirs de vos cadeaux auraient émerveillé les électriciens les plus éminents du monde, pourquoi avoir perdu votre temps avec ces barbares ? » 

« En fait, » bredouilla Rob, pris d'une crainte respectueuse devant la colère du Démon, « je n'avais pas l'intention d'aller sur une île de cannibales, je voulais me rendre à Cuba. » 

« Cuba ! Est ce là un centre d'activité scientifique ? Pourquoi n'êtes vous pas allé montrer vos merveilles à New York ou à Chicago, ou, si vous teniez vraiment à traverser l'océan, Paris ou Vienne ? »  

« Je n'avaisd pas pensé à ces endroits. » reconnut humblement Rob. 

« C'est bien ce que je disais, vous avez été stupide, » dit le Démon, en se radoucissant, « à votre avis, qu'est ce qu'il y a de mieux, être respecté par de grands savants, ou être pris pour un dieu par des cannibales analphabètes ? » 

« Oui, vous avez raison, » dit Rob, « j'aurais du aller en Europe. Mais vous aussi vous avez des torts, » continua-t-il, « votre machine à voyager n'est pas très solide, j'ai failli me tuer avec. » 

« C'est vrai, » reconnut le Démon, « le boîtier était trop fragile, quand le bord s'est tordu, il a écrasé les pièces et provoqué un malfonctionnement. Si vous étiez allé dans un pays civilisé, ce genre d'accident ne serait pas arrivé. Mais pour éviter tout problème à l'avenir, je vous ai préparé un nouvel instrument, avec un boitier plus solide, je vais l'échanger contre celui que vous avez actuellement. » 

« C'est très gentil de votre part, » répondit Rob, en s'empressant de lui donner la machine défectueuse et en recevant la nouvelle, « êtes vous sûr qu'elle fonctionnera ? » 

« Vous ne pouvez pas l'abîmer. » répondit le génie. 

« Et les trois autres cadeaux ? » s'enquit anxieusement le garçon.

« Avant que je vous les accorde, » répondit le Démon, « vous devez me promettre de vous tenir à l'écart des endroits primitifs, et n'exhiber vos acquisitions qu'à des gens civilisés et intelligents. » 

« Entendu, » acquiesça le garçon, « je n'ai pas particulièrement envie de retourner sur cette île, ni sur aucune autre du même genre. » 

« Alors vous allez prendre possession des trois autres cadeaux, chacun d'eux et plus précieux et plus important que ceux que vous avez déjà. » 

À cette annonce, Rob frémit d'excitation, il vit alors le Démon augmenter de taille, il émanait une lumière aveuglante avec des éclairs crépitant autour de lui.

 

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