Le Monarque Magique de Mo

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Treizième Surprise

L'affaire des puddings volés

Mo 13 1

À plusieurs reprises, un mystérieux ennemi avait dévasté les récoltes de pudding du Roi. Chaque jour, en examinant ses plantations, il constatait qu'il manquait de plus en plus de pudding, finalement, il convoqua ses Savants et leur demanda ce qu'il devait faire.

Aussitôt, les Savants fermèrent les yeux et se mirent à réfléchir si longtemps au problème qu'ils s'endormirent profondément. Pendant leur sommeil, il y eut encore du pudding volé. Quand ils se réveillèrent, le Roi était indigné à juste raison, et il dit aux Savants que s'ils ne découvraient pas le coupable d'ici trois jours, il ne leur donnerait pas de gâteau avec leur crème glacée.

Cette terrible menace les incita à agir, et, après s'être consultés les uns les autres, ils déclarèrent que selon eux, c'était le Renard qui avait volé le pudding.

Après avoir entendu celà, le Roi envoya ses soldats capturer le Renard pour l'amener au palais, où le souverain se tenait en grand apparat, entouré de ses Savants.

« Voyons donc, Maître Renard ! » s'exclama le Roi, « nous vous avons enfin attrapé. »

« Il semble bien, » répondit calmement le Renard, « puis je savoir pourquoi l'on s'est introduit dans ma demeure, l'on m'a arraché à ma femme et à mes enfants, pour m'amener devant vous comme un vulgaire criminel, votre Majesté ? »

« Vous avez volé le pudding. » répondit le Roi.

« Pardonnez moi de vous contredire, mais je n'ai rien volé, » déclara le Renard, « je peux facilement prouver mon innocence. Quand donc le pudding a-t-il été volé ? »

« Une grande partie a été volée ce matin, pendant que les Savants dormaient. » dit le Roi.

« Ce ne peut donc être moi, » répondit le Renard, « comme vous allez certainement l'admettre quand vous aurez entendu mon histoire. »

« Ah bon, vous avez une histoire à raconter ? » demanda le Roi, qui adorait écouter des histoires.

« C'est une histoire très courte, votre Majesté, mais elle vous prouvera clairement que ce n'est pas moi qui ai volé votre pudding. »

« Alors racontez la, » ordonna le Roi, « je ne voudrais surtout pas condamner un innocent. »

Les Savants s'installèrent confortablement, et le Roi croisa les jambes et mis ses mains dans ses poches, tandis que le Renard, assis devant eux, raconta ce qui suit :

Mo 13 2

Histoire du Renard

Ces derniers temps, ma tanière était particulièrement humide, si bien que ma famille et moi-même en avons beaucoup souffert. Ce fut d'abord mon épouse qui tmba malade, puis j'attrapai un mauvais rhume, et dans les deux cas, celà nous prit à la gorge. Puis ce furent mes quatre enfants, qui ont différents âges, qui commencèrent à se plaindre de leurs gorges, si bien que ma tanière se transforma en hôpital. 

Mo 13 3

Nous avons essayé tous les remèdes que nous connaissions, ils ne nous firent aucun effet. Finalement, ma femme me pria de consulter le Docteur Chien-de-Prairie, qui vit  dans un terrier loin au sud. Alors un matin, je dis au revoir à ma famille et courut à l'endroit où vivait ce docteur.

Ne voyant personne à l'extérieur du terrier à qui je pus demander la permission d'entrer, je m'engageai vaillament dans un long et sombre tunnel que je suivit sur une longue distance, et soudain, j'arrivai devant une porte. 

« Entrez ! » dit une voix, alors j'ouvris et pénétrai dans une pièce magnifique, éclairée par quarante huit vers luisants, alignés sur une rambarde qui faisait le tour de la demeure. Au centre, il y avait une table d'argile peinte en couleurs vives, et assis à cette table, le fameux Docteur Chien-de-Prairie, en train de manger une friture d'escargots.

« Bonjour, » dit le Docteur, « voulez vous partager mon repas ? »

« Non, merci, » répondis-je, car je ne raffole pas des escargots, « j'aimerais me procurer un médicament pour mes enfants qui souffrent d'une angine. »

« Comment savez-vous que c'est une angine ? » me questionna le Docteur.

« Çà leur fait mal quand ils avalent. » expliquai-je.

« Alors dites leur de ne plus avaler. » répondit le Docteur, tout en continuant de manger.

« Monsieur ! » m'exclamai-je, « s'ils cessent d'avaler, ils mourront de faim. »

« C'est fort vrai, » remarqua le Docteur, « nous devons trouver autre chose. » Après un moment de silence, il s'écria :

« Çà y est ! J'ai trouvé ! Rentrez chez vous et coupez leur le cou, après quoi, vous les retournerez comme on retourne la manche d'une veste, et vous les accrocherez à un buisson en plein soleil. Quand les cous auront été assainis par les rayons solaires, vous les remettrez à l'endroit et les poserez sur les épaules de vos enfants. Alors cela ne leur fera plus mal quand ils avaleront. » 

Je remerciai le grand Docteur et revins chez moi, où je fis tel qu'il me l'avait dit. Ces trois derniers jours, non seulement les cous de mes enfants mais aussi le mien et celui de ma femme sont restés accrochés dans les buissons pour les guérir, nous n'avions donc aucune possibilité de manger votre pudding. En effet, celà ne fait qu'une heure que j'ai terminé de remettre le cou sur mon dernier-né, c'est à ce moment que vos soldats sont venus m'arrêter.

Quand le Renard eut cessé de parler, le Roi garda le silence un moment, puis il demanda :

« Les cous ont ils été tous guéris ? »

« Oh, oui, » répondit le Renard, « le soleil les a bien assainis. »

« Vous voyez, » déclara le Roi, en se tournant vers ses Savants,  « le Renard a prouvé son innocence. En l'accusant, vous avez eu tort, comme d'habitude. Je vais le raccompagner chez lui avec six paniers de bouteilles de soda à la cerise*, en récompense de son honnêteté. Si vous n'avez pas découvert le coupable à mon retour, je mettrai ma menace à exécution et vous serez privés de gâteau. »

Mo 13 4

Alors les Savants, tout tremblants, mirent leurs têtes les unes contre les autres et tinrent conseil les uns avec les autres.

Quand le Roi fut de retour, ils dirent : « Votre Majesté, ce ne peut être que Monsieur Grenouille. »

Le Roi envoya donc ses soldats capturer Monsieur Grenouille et la ramener au palais.

« Pourquoi avez vous volé le pudding ? » demanda le Roi d'une voix sévère.

« Moi ! Voler votre pudding ! » s'écria Monsieur Grenouille d'un air indigné, « vous faites sûrement erreur ! Je ne raffole vraiment pas du pudding, et d'ailleurs, j'ai été très occupé chez moi, durant le week end dernier. »

« Qu'avez vous donc fait ? » demanda le Roi.

« Je vais vous le dire, vous saurez alors que je suis innocent de ce vol. »

Monsieur Grenouille s'accroupit sur un tabouret, pendant un moment, il cligna solennellement des yeux en direction du Roi et de ses Savants, puis il raconta ce qui suit :

Mo 13 5

Histoire de Monsieur Grenouille

Il y a quelques temps, ma femme et moi avons engendré douze petits têtatrds. Ils étaient les meilleurs enfants dont puissent rêver des parents. Leurs têtes étaient rondes et très grosses. et leurs queues étaient longues et duveteuses, tandis que leur peau était d'un noir éclatant. Nous étions très fiers d'eux, ma femme et moi, nous nous donnions beaucoup de mal pour les élever correctement, afin que plus tard, ils deviennent de respectables grenouilles et nous fassent honneur.

Nous vivions dans un petit trou confortable au bord de la rivière, et en face de notre logement, il y avait une grosse pierre sur laquelle on s'asseyait pour veiller sur nos têtards. Bien qu'ils préféraient patauger dans la vase au fond de la rivière, nous savions que l'exercice est nécessaire au bon développement d'un têtard, nous avions donc décidé d'apprendre nos enfants à nager.

Nous les avions divisés en deux groupes, ma femme en entrainait six tandis que je me chargeait des six autres. Nous leur avons appris à nager en file, en colonnes de deux et en ordre de bataille, mais il me faut reconnaître que, vu leur âge, ils étaient complètement stupides, et si nous ne leur disions pas quand il fallait s'arrêter, ils continuaient à nager jusqu'à se cogner contre la bordure ou une pierre.

Un jour, il y a à peu près une semaine, tandis que nous apprenions à nager à nos enfants, nous les avions disposés  l'un après l'autre en une seule file. Ils nageaient en ligne droite, c'était très joli à voir, et ma femme et moi, étions assis sur la pierre plate à les regarder avec fierté. Malheureusement, à cet instant précis, un grand poisson de notre voisinage reposait au fond de la rivière pour faire une sieste.

C'était un de ces poissons qui gardent toujours la bouche grande ouverte, et je fus horrifié en voyant la ligne de têtards se diriger tout droit dans la gueule béante du monstre. Je coassai aussi fort que je pus pour qu'ils s'arrêtent, mais, soit ils ne m'entendaient pas, soit ils avaient décidé de désobéir, et en un instant, la ligne de têtard pénétra dans la bouche du poisson et nous les perdîmes de vue.

Madame Grenouille tomba dans mes bras avec un cri d'angoisse, et elle dit en sanglotant :

« Oh non ! Qu'allons nous faire ? Nos enfants sont perdus ! »

Mo 13 6

« Ne désespérez point, ma chère, » répondis-je, bien que je fus moi-même grandement effrayé, « nous devons empêcher ce poisson de s'éloigner avec nos enfants bien-aimés. Si nous arrivons à le retenir ici, nous trouverons sûrement un moyen de les secourir. »

Jusque là, le gros poisson était resté immobile, mais ses yeux ronds reflétaient une expression de surprise, comme s'il ne savait que faire de ces créatures qui avaient élu domicile dans son estomac.

Madame Grenouille réfléchit un moment, puis elle dit :

« Pas très loin d'ici, il y a une vieille ligne de pêche avec un hameçon qui traîne au fond de la rivière, là où un gosse l'a perdue un jour, nous pourrions... »

« ...aller la chercher tout de suite, » l'interrompis-je, « nous l'utiliserons pour capturer le poisson. »

Elle se hâta de partir, et elle revint aussitôt avec la ligne, au bout de laquelle était accroché un gros hameçon. J'attachai solidement l'autre bout à la pierre plate, puis, en passant discrètement derrière le poisson, de façon à ce qu'il ne me visse pas, j'aggrippai l'hameçon de fer à son ouïe droite.

Le monstre fit un bond qui me fit basculer à la renverse à un mètre de là. Il tenta de nager au fond de l'eau, mais l'hameçon et la ligne tenaient bon, le poisson réalisa qu'il était piégé, alors il se résigna et avec philosophie, cessa de lutter.

Madame Grenouille et moi restâmes assis à attendre le résultat. Ce fut une longue et pénible attente, cependant, au bout de plusieurs jours d'angoisse, le grand poisson bascula sur le côté et expira. Aussitôt, la plus adorable petite grenouille verte surgit de sa bouche en sautant, puis une autre, et une autre encore jusqu'à ce qu'il y en ait douze venues se tenir à nos côtés, alors ma femme s'écria :

« Ce sont nos enfants, les têtards ! Ils ont perdu leurs queues et leurs jambes ont poussé, mais ce sont bien eux, sans aucun doute possible ! »

En effet, c'était vrai, car les têtards deviennent toujours des grenouilles au bout de quelques jours. Les enfants nous dirent qu'ils se sentaient très bien à l'intérieur du grand poisson, mais que maintenant, ils avaient faim, car les jeunes grenouilles ont un formidable appétit .

Madame Grenouille et moi nous mîmes à l'œuvre pour les nourrir, et nous venions à peine d'achever cette plaisante tâche que vos soldats sont venus m'arrêter. Je vous assure, Votre Majesté, que c'est la première fois que je sors de l'eau depuis une semaine. Maintenant, si vous le permettez, je m'en vais retourner chez pour voir comment grandissent mes enfants.

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Quand Monsieur Grenouille eut cessé de parler, le Roi se tourna vers les Savants, et leur dit d'un ton furieux :

« On dirait que vous vous êtes encore trompés, car Monsieur Grenouille est innocent. Vous vous prétendez sages, mais vous n'êtes que des charlatans ! Cependant, je vais vous donner une dernière chance, si vous échouez, vous serez punis encore plus sévèrement que ce que je vous avais promis au départ. »

Le Roi offrit une cravate de soie rouge  en cadeau à Monsieur Grenouille, ainsi qu'une bouteille de parfum pour Madame Grenouille. Les soldats libérèrent aussitôt le prisonnier, qui sauta en bonds joyeux jusqu'à la rivière.

Les Sages se mirent à rouler leurs yeux vers le plafond en se tournant les pouces, et en réfléchissant aussi fort qu'ils le pouvaient. Enfin, ils dirent au Roi que, selon eux, personne d'autre que la Poule Jaune** ne pouvait commettre ce vol de pudding.

Alors le Roi envoya ses soldats, et ils fouillèrent partout à travers la Vallée jusqu'à ce qu'ils capturent enfin la Poule Jaune et l'amènent en présence royale.

« Mes Savants m'ont dit que c'est vous qui avez volé mon pudding, » dit sa Majesté, « si cela est vrai, vous serez sévèrement punie. »

« Mais cela n'est pas vrai, » répondit la Poule Jaune, « car je reviens à l'instant d'un long voyage. »

« Où êtes vous allée ? » demanda le Roi.

« Je vais vous le dire, » répondit elle, puis, après avoir réarrangé ses plumes, que les mains grossières des soldats avaient ébourrifées, la Poule Jaune raconta ce qui suit :

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Histoire de la Poule Jaune

Toute ma vie, j'ai été habituée à pondre treize œufs, mais la dernière fois, il n'y avait que douze œufs dans le nid alors que je m'apprêtais à couver. Comme j'ai beaucoup d'expérience dans ce domaine, je savais qu'avec seulement douze œufs, çà n'irait pas, j'ai donc demandé conseil au Coq Rouge.

Il réfléchit soigneusement à la question, et finalement, il me dit avoir vu un oeuf, sur un rocher des montagnes de sucre, un très bel œuf bien gros.

« Si vous voulez, » me dit il, « je peux aller vous le chercher. »

« Çà m'ennuie beaucoup de vous embêter, mais j'ai absolument besoin d'avoir treize œufs. » répondis-je.

Mo 13 8

Le Coq Rouge est une volaille de caractère accommodant, il s'envola aussitôt et revint peu après, avec un gros œuf blanc sous son aile. Je pris cet œuf et le disposai avec les douze autres avant de m'installer au dessus pour trois semaines, bout desquelles ils se mirent à éclore.

Douze d'entre eux étaient aussi jaunes et duveteux qu'une mère puisse le souhaiter. Mais celui qui provenait de l'œuf étranger était noir et dépenaillé, avec un gros bec et des serres pointues. Croyant toujours qu'il s'agissait d'un de mes enfants, je pris soin de lui autant que des autres en dépit de sa difformité, et bientôt, il devint plus grand et plus fort que les autres. 

Mo 13 9

En le voyant, le Coq Rouge secoua la tête et déclara brutalement :

« Je sens que vous allez avoir des problèmes avec ce poulet, car pour moi, il ressemble étrangement à l'un de nos ennemis, les Aigles. »

« Quoi ! » m'exclamai-je, furieuse, « vous croyez vraiment que l'un de mes enfants chéris est un Aigle ? Je considère cette remarque vraiment déplacée, Monsieur le Coq ! »

Le Coq Rouge ne répondit pas, mais il se tenait à distance de mon gros poussin noir, comme s'il avait vraiment peur de lui.

À mon grand désarroi, le poussin développa rapidement un très mauvais caractère, et un jour, je fus obligée de le repousser pour l'empêcher de voler la nourriture de ses frères. Alors il s'est mis à pousser des cris de colère, et l'instant d'après, il s'était jeté sur moi et enfonçait ses griffes pointues dans mon dos.

Alors que je me débattais pour me libérer, il s'envola tout droit vers le ciel, en m'emportant avec lui, et en poussant des cris qui me remplirent de doute. Car je réalisai soudain, mais un peu tard, que cette voix ressemblait exactement à celle d'un Aigle !

Il monta de plus en plus haut, par dessus les montagnes, au dessus des vallées, des rivières et des lacs, puis je vis un homme qui pointait un fusil vers nous. Quelques instants après, il tira, alors le noir poulet poussa un cri de douleur, relâchant en même temps sa prise sur moi, je tombai à une distance vertigineuse du sol, mais je parvins à ralentir ma chute avec mes ailes, et atterrir sans mal en flottant doucement.

Alors je réalisai que j'avais échappé à un danger pour tomber sur un autre, car dès que je touchai le sol, l'homme me saisit et me serra sous son bras pour me ramener chez lui. En entrant dans sa maison, il dit à sa femme :

« Voilà une belle poule bien grassouillette pour le petit-déjeuner. »

« Mets la dans la cage, » répondit la femme, « après le souper, je lui couperai la tête et je la plumerai. » 

Cela me terrorisa, comme vous pouvez l'imaginer, et quand l'homme me mit dans la cage, j'étais près de m'abandonner au désespoir. Mais une fois que je meretrouvai seule, je retrouvai courage et me mis à chercher un moyen de m'échapper.

À ma grande joie, je découvris qu'une des planches de la cage tenait mal, en la poussant de côté, je parvins à me glisser dehors et ainsi, retrouver ma liberté.

Une fois libre, je fuyai l'endroit aussi vite que possible, mais je ne savais quelle direction prendre, ce pays m'était totalement étranger.

Je me mis en route par bonds, à moitié volant, moitié en courant, et j'arrivai à un campement de soldats.

Si ces hommes me voyaient, j'avais peur qu'ils veuillent me manger pour le petit déjeuner, alors je me cachai à l'intérieur d'un gros canon, croyant que personne ne ferait attention à moi et que je serais en sécurité jusqu'au matin. Je ne tardai pas à m'endormir profondément, je fut réveillée plus tard par une conversation entre soldats à côté du canon.

« Le soleil est presque levé, » dit l'un d'eux, « vous devez tirer une salve d'honneur. Le canon est il chargé ? »

« Bien sûr, » répondit l'autre, « sur quoi dois-je tirer ? »

« Tirez en l'air, ainsi, vous ne blesserez personne. » répondit le premier soldat.

Pendant ce temps, je tremblais de peur, j'avais décidé de me glisser hors du canon, même au risque de me faire prendre, quand soudain, il y eut un « Bang ! », et je fus projetée dans les airs comme une tornade m'emportait.

Le bruit m'avait presque rendue sourde, et je tombai à moitié dans l'inconscience. Je me sentis monter de plus en plus haut dans le ciel, et je me retrouvai bientôt loin au dessus des nuages. Puis je revins à moi peu avant de commencer à retomber, alors je tentai de voler.

Je savais que la Vallée de Mo se trouvait quelque part vers l'ouest, alors je me mis à voler dans cette directionn jusqu'à ce que j'arrive au dessus de la Vallée, alors je me laissai flotter doucement vers le sol.

Mais il semblait que mes ennuis n'étaient pas finis ; lorsque j'eus recouvré ma respiration après ce long vol, vos soldats m'ont capturée et amenée ici.

On m'accuse d'avoir volé votre pudding, mais en vérité, votre Majesté, j'étais absente de votre royaume pendant neuf jours, je suis donc complètement innocente.

À peine la Poule Jaune eut elle fini son histoire que le Roi entra dans une violente colère à cause de l'échec de ses Savants, il se tourna vers ses soldats et leur ordonna de les arrêter et de les jeter en prison.
Après avoir offert une paire de boucles d'oreilles en or à la malheureuse Poule, elles lui allaient très bien, d'ailleurs, et mettaient bien son teint en valeur, le Roi la renvoya chez elle avec de nombreuses excuses pour l'avoir accusée à tort.
Puis sa Majesté s'assit dans un fauteuil, et se mit à réfléchir, il se demandait quelle était la meilleure punition à infliger à ses Savants.

« Je préfère encore avoir en un seul qui soit vraiment savant, » se dit il en lui-même, « que cinquante d'entre eux qui prétendent l'être et ne le sont pas. »

Celà lui donna une idée ; le lendemain, il ordonna qu'on emmène les Savants aux cuisines royales, où ils furent passés au hâchoir à viande jusqu'à être réduits en fine pâtée. Après les avoir soigneusement mélangés, le Roi ajouta une poignée de sel et les modela en un seul homme que le cuisinier mit à cuire dans le four jusqu'à ce qu'il fut à point.

« Très bien, » dit le Roi, « je n'ai qu'un seul Savant compétent au lieu d'une bande d'incapables. Peut-être me dira-t-il qui a volé le pudding. » 

« Certainement, » répondit le Savant, « c'est vraiment très facile, c'est le Dragon Pourpre. »

« Magnifique ! » s'écria le monarque, « j'ai enfin découvert la vérité ! »

Et il l'avait vraiment découverte, comme vous le constaterez en lisant la prochaine surprise.

Mo 13 910

*Dans la version anglaise, il s'agit de cherry phosphate, un soda d'autrefois à base de phosphate tombé en désuétude. Voir l'article dans la section Baum et son temps : Le Cherry phosphate

**Ne pas confondre avec Billina, la Poule Jaune du Cycle du Magicien d'Oz.. Voir l'article du blog Billina, la Poule Jaune

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