Le Monarque Magique de Mo

Introduction

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Voici le tout premier roman de fantasy de L. F. Baum - jusque là, il n'avait publié pratiquement que de la poésie - c'est ce livre qui définira le ton de l'auteur dans tous les autres, il en a déposé le copyright le 17 juin 1896, mais ne l'a publié qu'en 1899 sous le titre : Un nouveau Pays des Merveilles, sous titré : Le premier compte-rendu jamais imprimé sur la Belle Vallée, et les merveilleuses aventures de ses habitants.

New wonderland

Le livre a été réédité en 1903 avec un nouveau titre : le Monarque Magique de Mo, afin de faire écho, par allitération, au Merveilleux Magicien d'Oz publié trois ans plus tôt, en 1900, et qui lui avait valu le succès qu'on connait.

Il y a eu peu de modifications entre la version de 1899 et celle de 1903, dans la version de 1899, Mo s'appelait Phunnyland, en 1903, Baum l'a rebaptisée la Belle Vallée de Mo. et à part une différence dans le dernier paragraphe du premier chapitre, les deux sont semblables.

Dans la version de 1903 que je vous présente ici, les illustrations sont de Frank Ver Beck.

Frank ver beck

Le Monarque Magique de Mo s'inscrit plus dans le genre nonsense, cher aux anglo-saxons, que le Magicien d'Oz. Il rappelle un peu Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll, auquel il fait sans doute allusion dans le titre de la version de 1899.

Alice

Chaque chapitre, appelé Surprise, est une histoire différente, contrairement aux autres livres de Baum qui racontent une seule histoire. Cependant, elles ont toutes le même fil directeur, ce qui en fait quand même un roman.

À travers ces histoires déjantées, vous allez connaître une galerie de personnages tous plus loufoques les uns que les autres, comme le Chien, le seul chien de Mo qui vient du Monde Extérieur et s'est retrouvé par hasard dans la Vallée, ou encore l'Âne Sage, qui est devenu sage et cultivé après avoir mangé tous les livres d'une bibliothèque où il s'était retrouvé enfermé plusieurs jours, ou les habitants du Pays Renversé qui marchent la tête en bas.

Certaines scènes évoquent Tex Avery avec ces personnages invulnérables qui se font découper en morceaux et qui se recollent sans problème, ou s'applatissent comme des crêpes et que l'on regonfle avec une pompe à vélo.

Les déformations excessives, les mutilations et les démembrements sont un thème récurrent dans la plupart des livres de Baum.

Averybis

Avec un sadisme sous-jacent dont il a l'air de se délecter, Baum nous parle de saucisses composées de chair d'ours dansants hâchée qui se mettent à danser quand le Prince Trouvèron joue du violon, ou de ces trois Savants que le Roi fait passer au hâchoir à viande pour les mélanger et les remodeler en un seul homme, il y ajoute ensuite une pincée de sel et le fait cuire au four pour obtenir un seul Savant.

Il y a d'autres thèmes récurrents, comme les objets de la vie quotidienne qui poussent sur des arbres ; cravates, boutons de manchettes, chapeaux, bicyclettes etc, les caramels poussent dans les buissons comme des mûres, on ne trouve pas toujours de l'eau dans les rivières, mais de la frenette, du sirop d'érable ou des milliards et des milliards d'aiguilles qui se déversent en flots et transpèrcent de toutes parts quiconque s'y baigne, des montagnes de sucre, des régions où le sol est constitué de gruyère etc.

Une bonne sorcière, qui n'est pas sans rappeler Glinda au Pays d'Oz, veille sur ce pays et aide quiconque lui demande secours, c'est Maëtta, qui vit dans un château au sud du pays, quelque part dans un bois touffu.

Mais on trouve aussi des personnages plus sombres, comme le Dragon Pourpre, ennemi public numéro un de la Vallée, qui saccage régulièrement les récoltes de caramels ou de puddings.

Le Roi Taciturnus et son terrible homme d'acier géant, une sorte de robot fonctionnant comme Tik-Tok apparu une décade plus tard, en 1907, dans Ozma la Princesse d'Oz, le Magicien de la montagne qui vole l'orteil de la Princesse Truella pour composer  un philtre de croissance, ou encore le Gigaboo, assez sinistre créature qui est à la limite d'être déplacée dans un conte pour enfants, son aspect rappelle beaucoup celui des créatures de Lovecraft :

Son corps était rond comme celui d'une tortue, sur le dos, il avait une épaisse carapace. Du centre de son corps partait un long cou, un peu comme celui d'une oie, avec une tête affreuse à son bout. Cette tête était ronde comme un ballon, il avait quatre bouches sur les côtés et sept yeux disposés en cercle qui lui sortaient de quelques centimètres du crâne. Le Gigaboo marchait sur dix pattes courtes et épaisses, et à l'avant de son corps, il y avait deux longs bras terminés par des pinces semblables à celles d'un homard.

Ces pinces étaient si fortes et si aiguisées que la créature pouvait facilement couper un arbre avec. Ses yeux brillaient et étincelaient de manière effrayante, l'un était rouge, l'autre vert, les suivants étaient respectivement jaune, bleu, noir, pourpre et écarlate.

Mais aussi les singes du Pays des Singes Civilisés où le Prince Zingle se retrouve coincé, préfigurant avec une soixantaine d'années d'avance la Planète des Singes.

Et encore, je ne vous ai pas tout dit, attendez d'avoir vous même lu ce roman, vous verrez, il a quelque chose de déstabilisant. D'ailleurs, tous les livres de Baum sont plus ou moins déstabilisants.

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Situation Géographique :

Selon certaines sources, la Vallée de Mo se situe au sud-est du Pays d'Oz, au delà de la barrière de sable empoisonné

Mo bis 2

Mo2bis

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En 1960, la NBC envisageait une adaptation télévisée du Monarque Magique de Mo avec Groucho Marx, malheureusement, le projet n'a jamais abouti. Voir l'article du blog : Groucho Marx à Mo

Groucho mo fixed

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