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Deux Princesses pour un royaume samedi 3 juin sur France 4

J'étais un peu inquiet en voyant ce programme annoncé sur France 4 pour ce samedi 3 juin  à 20h 50. En administrateur consciencieux de la Cité d'Émeraude, je surveille l'image que l'on donne au public francophone du Baum Universe. Je ne suis qu'à moitié rassuré par ce qu'en dit Télé 2 Semaines, j'ai bien peur que l'esprit de Baum soit corrompu. Peut être suis-je trop intégriste, enfin, jugez par vous-mêmes :

Deux princesses pour un royaume - téléfilm américain en quatre parties - 1/4

Prochaine diffusion TV :
Samedi 3 Juin à 20h55
Programme France 4
Téléfilm fantastique - Etats-Unis - 2007 Durée : 1h30
Audio description

Réalisé par : Nick Willing

Acteurs :

Zooey Deschanel (DG)

Alan Cumming (Glitch)

Richard Dreyfuss (le mystique)

Neal McDonough (Wyatt Cain)

Raoul Trujillo (Raw)

Résumé :

Un soir, dans le Midwest, une mystérieuse tornade arrache Dorothy Gale à sa modeste vie de serveuse et la dépose dans le monde magique d'Oz. Depuis que la princesse Azkadelia, méchante sorcière mangeuse d'âmes, règne, ce royaume est devenu une terre de désolation qu'une poignée de résistants espère reconquérir. Aidée par un ancien serviteur de la reine, un oracle et un ancien policier, Dorothy part accomplir une mission dont elle ignore l'ampleur. Et qui pourrait bien l'aider à en savoir plus sur elle-même...


L'avis de Télé 2 Semaines :

Une adaptation divertissante du «Magicien d'Oz».

 

Bande annonce :

Tolkien, L. F. Baum, la Fantasy et l'Heroic Fantasy

La littérature compte bien des genres ; classique, moderne, poésie, roman, théâtre, dramatique, comique, sentimental, aventure, policier, historique, guerre, science-fiction, fantastique, contes de fées, horreur et une multitude d'autres se subdivisant en sous-genres plus spécifiques, mais que l'on arrive quand même à distinguer, même si on retrouve parfois plusieurs genre associés dans une même œuvre.

Par exemple, un roman de science-fiction où se mêlent l'aventure, les sentiments, avec un côté comique et une touche de dramatique pour faire bonne mesure, plus un côté historique optionnel, si le personnage remonte dans le temps, on compte des myriades de livres combinant plusieurs genres de manière plus ou moins adroites.

Cependant, il y a des œuvres littéraires que l'on ne parvient pas à classer dans un genre particulier. Prenons celles de Tolkien, par exemple. Dans son univers, le Tolkienverse, on retrouve des elfes, des gnomes, des farfadets, des trolls, des dragons et toutes sortes de créatures qui peuplent généralement les contes de fées.

Seulement, les histoires de Tolkien ne sont pas, à proprement parler, des contes de fées. Un conte de fées, c'est plus court, çà raconte une histoire rythmée facile à retenir et à anticiper, et contient généralement une morale. Le conte de fée, c'est un genre bien particulier qui répond à certains critères que je ne vais pas énumérer ici,  mais que Tolkien ne remplit pas complètement, et parfois même, les outrepasse.

Son œuvre n'est certainement pas une saga historique, bien que çà en donne l'impression.

Ce n'est pas de la science-fiction ; on n'en retrouve pas les éléments : pas de technologie justifiée de manière plus ou moins scientifique, dans le soucis d'un minimum de crédibilité. Tolkien n'a jamais cherché à être crédible.

Dans ses livres, plutôt que de science, il est question de magie, on peut donc le ranger dans la catégorie fantastique, même s'il trouve une place dans d'autres genres comme l'aventure ou la poésie, on a l'impression qu'il manque quelque chose pour définir le genre principal de Tolkien, son genre réel auquel se rattachent d'autres auteurs comme Robert Howard ou Sprague de Camp.

Bien souvent, cette littérature particulière fait écho, non seulement  à la mythologie, mais aussi aux légendes et aux romans de chevalerie du moyen-âge où l'on rencontre des magiciens, des enchanteurs, des sorcières ou des esprits de la forêt, et que se sont appropriés les anglo-saxons.

D'ailleurs, force est de le constater, c'est un genre essentiellement anglo-saxon, c'est pourquoi ce sont les anglo-saxons qui lui ont trouvé un nom : la fantasy, apparu pour la première fois aux États-Unis avec la revue The Magazine of Fantasy en 1949, bien après la mort de Baum.

Selon Wikipédia, la fantasy, ou fantasie (terme issu de l’anglais fantasy : « imagination » ; à ne pas confondre avec la fantaisie musicale, ni avec le terme allemand phantasie qui désigne le concept psychologique de fantasme), est un genre littéraire présentant un ou plusieurs éléments surnaturels qui relèvent souvent du mythe et qui sont souvent incarnés par l’irruption ou l’utilisation de la magie.

La fantasy fait partie des littératures de l'imaginaire. Dans la fantasy comme dans le merveilleux, le surnaturel est généralement accepté, voire utilisé pour définir les règles d'un monde imaginaire, et n'est pas nécessairement objet de doute ou de peur. Cela distingue la fantasy du fantastique où le surnaturel fait intrusion dans les règles du monde habituel, et de l'horreur où il suscite peur et angoisse. Par extension, à partir du genre littéraire, on parle aussi de fantasy à propos d'illustrations, de bandes dessinées, de films, de jeux, etc.

Le Journal officiel du 23 décembre 2007 a adopté le néologisme « fantasie » comme équivalent du grec fantasia (« imagination ») en la définissant de la manière suivante : « genre situé à la croisée du merveilleux et du fantastique, qui prend ses sources dans l’histoire, les mythes, les contes et la science-fiction ». De son côté, le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française a proposé en 2003 le terme « merveilleux ». En pratique, le mot anglais reste le plus utilisé, aux côtés de termes français recouvrant des domaines voisins mais non identiques, en particulier le merveilleux.

Pour l'écrivain et éditeur André-François Ruaud, la fantasy peut être considérée comme un sous-genre du fantastique :

La fantasy est une littérature fantastique incorporant dans son récit un élément d'irrationnel qui n’est pas traité seulement de manière horrifique, présente généralement un aspect mythique et est souvent incarné par l’irruption ou l’utilisation de la magie.

— André-François Ruaud, Cartographie du merveilleux.

Dans ses œuvres de fantasy, Tolkien prétend (en y parvenant très bien) à une certaine gravité et un sérieux  rappelant les sagas antiques, comme l'Épopée de Gilgamesh, l'Ilyade, l'Odyssée ou les sagas nordiques comme le Kalevala, gravité et sérieux que l'on a qualifié d'heroic.

Et comme on y retrouve les éléments de contes de fées propre à la fantasy, on a distingué un troisième genre né de l'union de ces deux là : l'heroic fantasy, où Robert Howard, Lovecraft, Lord Dunsany, Sprague de Camp et d'autres ont trouvé refuge.

Tolkien correspond bien aux critères de l'heroic fantasy, qui mêle un genre proche des contes de fées avec un héroïsme romantique.

Toujours selon Wikipédia, l’heroic fantasy, ou merveilleux héroïque, est en genre littéraire qui présente un récit héroïque dans le cadre d'un monde merveilleux. Aujourd'hui, la définition communément admise du terme heroic fantasy est celle d'un sous-genre de la fantasy qui a pour caractéristique de centrer son intrigue sur un ou deux voire trois héros principaux et non pas sur un groupe de personnages comme le fait, par exemple, la high fantasy.

L’heroic fantasy est souvent considérée comme un genre de littérature épique, même si des formes d'expression artistique autres que la littérature, comme la bande dessinée, l'illustration, le cinéma ou encore le jeu-vidéo, produisent des œuvres d’heroic fantasy indépendamment et sans nécessairement s'inspirer d'œuvres littéraires du genre.

L’heroic fantasy est majoritairement nommée en français par le terme anglo-américain original, terme signifiant « merveilleux héroïque » ou, dans un sens plus proche de son contexte littéraire, « récit héroïque ». Le terme est probablement apparu aux États-Unis dans les années 1930.

En ce qui concerne Lyman Frank Baum, Lewis Caroll ou James Barry, on ne peut pas parler d'heroic fantasy, le Magicien d'Oz, Alice ou Peter Pan sont assez loin d'un Conan le barbare ou d'un Aragorn. Concernant ces auteurs, on peut plutôt parler de fantasy tout court. Bien que Baum ait tendance à flirter avec l'heroic-fantasy dans Yew, l'Île Enchantée, dont vous pouvez découvrir la traduction en français sur ce site (pour le moment, elle est en cours, pour patienter, vous pouvez lire les autres livres de Baum que j'ai traduits dans la section Récits).

La Comtesse de Ségur

 

Je tiens à rendre hommage à une grande dame qui a bercé mon enfance, la Comtesse de Ségur. Particulièrement avec ses Nouveaux Contes de Fées. J'avais lu ses autres livres ; les malheurs de Sophie, un bon petit diable etc. je n'ai pas honte de le dire, ces lectures m'apportaient une évasion et je les adorais. Puis je me suis mis à adorer la Comtesse encore plus quand j'ai découvert ses Nouveaux Contes de Fées, je me suis retrouvé immergé dans un univers différent, complètement différent de ceux que j'avais déjà exploré avec d'autres livres. Là, il s'agissait d'un univers enchanté peuplé de princes, de princesses, de fées, de lutins, de sorcières et de créatures plus extraordinaires les unes que les autres où le bien régnait en maître absolu, les méchants étaient toujours punis et les bons récompensés, et ces récits avaient toujours lieu dans un cadre paradisiaque d'où la laideur était bannie.

Plus tard, quand j'ai découvert Lyman Frank Baum je me suis aperçu que ses histoires ressemblaient beaucoup à celles de la Comtesse de Ségur, à croire que leurs deux âmes ont visité les mêmes régions de l'imaginaire, ou tout au moins, des régions voisines.

Sophie Rostopchine, Comtesse de Ségur (selon l’onomastique russe Sofia Fiodorovna Rostoptchina, cyrillique : Софья Фёдоровна Ростопчина), née le 1er août 1799 (le 19 juillet du calendrier julien alors en vigueur en Russie) à Saint-Pétersbourg, morte le 9 février 1874 à Paris, est une femme de lettres française d’origine russe.

Elle est issue d’une grande famille noble russe dont la généalogie remonte aux khans mongols de la Horde d’or et à la famille de Genghis Khan.


Son père est le comte Fiodor Rostopchine (1763-1826), qui a été lieutenant-général d’infanterie, ministre des Affaires étrangères du tsar Paul Ier (parrain de Sophie), puis gouverneur général de Moscou. Sa mère est la Comtesse Catherine Protassova, ancienne demoiselle d’honneur de Catherine II. Sophie est la troisième enfant du couple.

Elle passe son enfance dans le domaine de Voronovo près de Moscou, propriété de 45 000 ha où travaillent 4 000 serfs, où Fédor Rostopchine fait venir des agronomes écossais.

Elle reçoit l’éducation des enfants de l’aristocratie russe, qui privilégie l’apprentissage des langues étrangères, du français en premier lieu. Adulte, elle sera une polyglotte, maîtrisant cinq langues.

C’est aussi une petite fille turbulente, souvent punie par ses parents et houspillée par sa mère. Influencée par Joseph de Maistre, ministre plénipotentiaire du roi de Sardaigne auprès du tsar, et par les Jésuites, la Comtesse Rostopchine se convertit de l’orthodoxie au catholicisme. Sophie, depuis l’âge de treize ans, est élevée dans la religion catholique, contre l’avis de son père resté orthodoxe.

En 1812, lors de l’invasion de la Russie par la Grande Armée, son père est gouverneur de Moscou. Il lance des pamphlets contre Napoléon, fait évacuer les pompes à incendie et libère des prisonniers avec la mission de mettre le feu chacun à un quartier. L’incendie de Moscou qui en résulte, qui fera dire à Sophie : « J'ai vu comme une aurore boréale sur la ville », contraint Napoléon à une retraite désastreuse. La réussite de ce plan entraîne cependant l’hostilité de ceux qui ont perdu leur habitation, aristocrates comme commerçants, si bien que Fédor Rostopchine est disgracié par le tsar et préfère s’exiler, seul avec simplement un domestique, en Pologne en 1814, puis en Allemagne, en Italie et, enfin, en France en 1817. Dans tous ces pays, il est accueilli en héros, sauveur de la monarchie.

Il fait venir sa famille à Paris et c’est là que Sophie rencontre, à dix-neuf ans, Eugène de Ségur (1798-1869), petit-fils du maréchal de Ségur, qui fut ambassadeur de France en Russie. Il est le neveu du général Philippe de Ségur, aide de camp de Napoléon qui avait failli mourir dans l’incendie de Moscou. Le mariage, arrangé par Sophie Swetchine, une Russe elle aussi convertie au catholicisme, a lieu le 14 juillet 1819. L’année suivante, ses parents repartent pour la Russie.

Ce mariage d’amour est d’abord heureux, mais elle est par la suite délaissée par un époux volage qui la trompe notamment avec leur bonne. La situation d’Eugène, désargenté et désœuvré, ne s’améliore qu’en 1830, lorsqu’il est nommé pair de France. Il ne rend visite à sa femme qu’en de rares occasions, dans le château des Nouettes, à Aube (Orne), offert par Fédor Rostopchine à sa fille en 1822. Ils ont huit enfants dont Louis Gaston de Ségur, futur évêque. Eugène aurait surnommé son épouse « la mère Gigogne ». Préférant son château aux mondanités parisiennes, elle reporte toute son affection sur ses enfants et, plus tard, ses petits-enfants.

Polyglotte, parlant cinq langues, Sophie Rostopchine présente souvent un comportement hystérique, partiellement hérité de sa mère, mais peut-être dû à une maladie vénérienne transmise par son mari volage avec des crises de nerfs et de longues périodes de mutisme, l’obligeant à correspondre avec son entourage à l’aide de sa célèbre ardoise.

Le cas de la Comtesse de Ségur montre qu’une vocation très tardive peut être particulièrement réussie : elle a en effet écrit son premier livre à plus de cinquante ans.

La Comtesse de Ségur a commencé à se consacrer à la littérature en notant les contes qu’elle racontait à ses petits-enfants et en les regroupant pour former ce qui s’appelle aujourd’hui Les Nouveaux Contes de fées. L'on raconte que lors d’une réception, elle aurait lu quelques passages à son ami Louis Veuillot pour calmer l’atmosphère qui était devenue tendue. C’est ce dernier qui aurait fait publier l’œuvre chez Hachette.

D’autres historiens racontent qu’Eugène de Ségur, président de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est, rencontrant Louis Hachette qui cherche alors de la littérature pour distraire les enfants, en vue d’une nouvelle collection de la « Bibliothèque des Chemins de Fer », lui aurait alors parlé des dons de sa femme et la lui aurait présentée quelque temps plus tard.

Elle signe son premier contrat en octobre 1855 pour seulement 1 000 francs. Le succès des Nouveaux Contes de Fées l’encourage à composer un ouvrage pour chacun de ses autres petits-enfants.

Eugène de Ségur accorde à Louis Hachette le monopole de la vente dans les gares de livres pour enfants. En 1860, Louis Hachette institue la collection de la Bibliothèque rose où sont désormais publiés les ouvrages de la Comtesse de Ségur.

Par la suite, celle-ci obtient que les droits d’auteur lui soient directement versés et discute plus fermement de ses droits d’auteur lorsque son mari lui coupe les fonds.

En 1866, elle devient tertiaire franciscaine, sous le nom de Sœur Marie-Françoise, mais continue à écrire. Son veuvage et l’effondrement consécutif des ventes de ses livres l’obligent à vendre Les Nouettes en 1872 et à se retirer à Paris, au 27, rue Casimir-Perier, à partir de 1873.

Elle meurt à cette adresse à soixante-quinze ans, entourée de ses enfants et petits-enfants. Elle est inhumée à Pluneret (Morbihan), près de son avant-dernière fille Henriette, épouse du sénateur Fresneau habitant le château de Kermadio. Au chevet de sa tombe, une croix en granit, où est inscrit : « Dieu et mes enfants ». Son cœur, embaumé, est déposé dans l’avant-chœur de la chapelle du couvent (ou monastère) de la Visitation, au 110 rue de Vaugirard, où était morte sa fille Sabine de Ségur, elle aussi entrée en religion.

Plusieurs autres aspects de son œuvre décrivent des particularités qui ne concernent plus qu’une infime minorité des Français d’aujourd’hui : par exemple, le vouvoiement des parents, la présence et le statut des domestiques. D’autres sont obsolètes : les traitements médicaux tels que l’usage abusif des saignées, les cataplasmes « saupoudrés de camphre » (Les Petites Filles modèles), l’eau de gomme fraîche, l’eau salée contre la rage, et ainsi de suite. Le réalisme dans la représentation du quotidien et de ses détails a valu à la Comtesse de Ségur d’être appelée « le Balzac des enfants » par Marcelle Tinayre.

Ses œuvres présentent, par certains personnages, des caractéristiques caricaturales et stéréotypées des mœurs de divers peuples, tels que l’aristocratie française se les figurait : Écossais avares et sordides, Arabes méchants et sabreurs, Polonais buveurs et crasseux, Valaques et Tsiganes voleurs et fourbes, Russes violents knoutant leurs femmes, serfs et bonnes, et ainsi de suite, mais on lui pardonne, à son époque, même les meilleurs avaient des préjugés que l'on trouverait révoltants à la notre, aucun artiste n'était vraiment exempt de ce défaut.

Voir aussi :

Les fées dans les œuvres de Baum

Fee

Généralement, le public français nourri aux contes de Perrault se représente une fée comme un personnage systématiquement, ou quasi systématiquement féminin. Cependant, dans les livres de Baum, et bien souvent dans la littérature anglo-saxonne, le mot Fée peut désigner un personnage féminin autant qu'un personnage masculin. Le mot fées désigne des êtres immortels dotés de pouvoirs magiques en général.

Ainsi, dans « Les aventures de Tik-Tok  », Tititi-Hoochoo ou Tubelin, qui sont des hommes, sont qualifiés de Fées, tout comme Erma ou Polychrome qui est une Fée Céleste. Si Tititi-Hoochoo règne sur une des  résidences principales des Fées, aux antipodes du Royaume des Gnomes, c’est Lurline qui est la Reine de toutes les Fées.

Dans les versions originales des livres de Baum, quand il est question des pays du Continent Nonestique ou celui de Tititi-Hoochoo qui se trouve aux antipodes, c’est le terme fairy qui est utilisé ; fairy country que je traduis par pays enchanté. Dans certaines histoires, les habitants d’Oz sont qualifiés de fairy people, bien qu’une distinction soit faite entre de véritables fées comme Lurline, Polychrome ou Ozga, bien qu’elle ait cessé d’être une fée quand elle fut chassée de son Royaume des Roses, et les habitants ordinaires du Pays d’Oz qui sont fairy sans être des fées. 

On peut en induire que, dans les pays du Continent Nonestique, les habitants ont une nature féérique sans pour autant être de véritables fées, c‘est cette nature féérique qui les rend immortels, et qui fait qu‘ils restent vivants même s‘ils sont découpés en morceaux, car on peut toujours les recoller avec de la Colle à Chair.

Ozma semble être considérée comme une véritable Fée. Dans Glinda of Oz, Baum affirme qu’Ozma n‘est autre que la Fée à qui Lurline a laissé la garde du Pays d‘Oz après l‘avoir transformé en pays enchanté.

Ozma

Les Fées du Pays de Tititi-Hoochoo, comme Tubelin ou Erma et Tititi-Hoochoo lui-même semblent être des Fées d’une autre sorte que Lurline, Ozma ou Polychrome. Ils sont tous des rois et reines Fées qui pourvoient aux besoins de l’humanité, chacun d’eux est en charge d’un domaine particulier, il y a Erma qui règne sur la lumière, Tubelin chargé de surveiller le Grand Tube ou le Roi des Animaux brièvement mentionné et qui héberge Hank lors de son séjour dans le pays.

Poly

Ils se ressemblent tous ; les cheveux noirs bouclés, les yeux bleus, le visage inexpressif, tous vêtus de robes rouges sans manches descendant jusqu’aux genoux et la tête du Dragon Originel brodée sur la poitrine. Il n’y a que Tititi-Hoochoo, leur dirigeant qui se distingue d’eux avec ses yeux noirs et sa robe blanche.

Tititi

Il n’est pas roi, c’est-à-dire qu’il n’a pas de devoir ni d’engagement envers l’humanité, mais il n‘est pas non plus pourvu de cœur, ce qui le prive de sentiments et d‘émotions. Il a été choisi comme chef pour son sens exceptionnel de la justice, ses sentences sont toujours justes, et les punitions qu’il inflige sont toujours proportionnelles aux fautes commises.
 

Groucho Marx à Mo

En Octobre 1960, la chaîne NBC voulut raviver l'intérêt du public pour le roman de L. F. Baum, le Monarque Magique de Mo, elle cherchait alors un sponsor pour créer une version TV avec Groucho Marx.

Peu avant, Groucho avait connu un grand succès avec sa version TV du Mikado de Gilbert & Sullivan, et la chaîne sentait que c'était le bon moment pour mettre une histoire d'une heure en scène. Avec la longue liste de succès des Marx Brothers et celui de Groucho avec sa participation au jeu télévisuel You Bet Your Life, le projet avait toutes les chances de réussir.

Un appel fut lancé pour sponsoriser le projet de Monarque Magique, pour 200 000 $, vous pouviez devenir le sponsor d'une émission d'une heure. Un nombre de points intéressants fut mis en valeur, comme le succès du Magicien d'Oz qui avait alors été diffusé deux fois à la télévision, et l'important score d'audience enregistré pour d'autres adaptations de contes comme Peter Pan, Cendrillon et Pinocchio. De plus, le Q-rating (une échelle de mesure de popularité d'un artiste) de Groucho était très élevé, avec 93% d'audience.

À l'époque, Shirley Temple qui avait la trentaine animait une émission TV où elle adaptait des contes pour enfants, elle s'appelait : Shirley Temple's Storybook et avait connu un grand succès, elle était produite par Henry Jaffe Enterprises qui se proposait de produire Mo.

Le script original était co-écrit par Frank Gabrielson, Robert Dwan, Gore Vidal et Joseph Schrank.  Gabrielson avait déjà adapté le Merveilleux Pays d'Oz pour Shirley Temple, en cas de succès, il était prévu d'en faire une série régulière et durable.

L'histoire devait être interprétée par Groucho Marx, qui allait se retrouver transporté dans le paradis mythique créé par Baum et qu'il avait déjà adapté à sa personnalité en imaginant des arbres à cigares, des plantations de billets de banque et de belles blondes.

Mais le projet, hélas, n'aboutit jamais.

Mo 2 sm

Groucho mo fixed

Voir : le Monarque Magique de Mo

Billina, la Poule Jaune

Billina est une Poule Jaune, bavarde et pleine de cran, elle a une voix pointue et criarde. Quand elle pond un œuf, elle est fière et elle le fait savoir par un chant discordant.

Elle vit dans un poulailler qui se trouve dans les jardins royaux du Palais de la Cité d’Émeraude, il est construit de marbre et les perchoirs sont en argent. Billina l’entretient elle-même avec beaucoup de soin, l’intérieur est propre et bien rangé.

Ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants vivent dans une basse-cour non loin, et Billina est reconnue comme Reine et Gouvernante de toutes les volailles du Pays d’Oz.

Billina, qui a été élevée dans une ferme aux États-Unis, s’appelait Bill, quand elle n’était encore qu’un poussin, on ne savait pas encore si ce serait une poule ou un coq.

Dorothée Gale avec son Oncle Henry partirent un jour en voyage pour l’Australie. Bill se trouvait à bord de leur bateau dans une cage à poule avec plusieurs dizaines de ses congénères. Il y eut une tempête et Dorothée fut précipitée par-dessus bord, ainsi que les poules en cages. Dorothée parvint à sauver Bill, mais les autres périrent noyées. Elle monta sur une épave et dériva avec la petite bête vers les côtes du Pays d’Ev (voir cartes), c’est là que Bill s’aperçut qu’elle pouvait parler. Dorothée changea alors son nom en ajoutant « ina » à la fin pour faire joli.

Au Pays d’Ev, Dorothée et Billina furent confrontées aux Rouleurs, des créatures qui ne sont pas vraiment méchantes, mais qui sont très agressives et désagréables, elle fit connaissance de Tik-Tok, qu’elle trouva caché dans un rocher, où le Roi Evo l’avait enfermé avant de se jeter dans l’Océan Nonestique. La Princesse Langwidere les enferma dans une tour, Ozma vint les délivrer, puis ils furent confrontés à Roquat (que l’on connaitrait plus tard sous le nom de Ruggedo) et à son peuple de Gnomes. Mais ils furent rapidement défaits grâce à Billina et ses œufs, qui sont un poison mortel pour les gnomes.

Plus tard, Ozma renvoya Dorothée auprès de son Oncle Henry qui se mourait d’inquiétude, quant à Tik-Tok et Billina, ils s’installèrent définitivement à Oz.

Billina donna naissance à beaucoup de poussins (de père inconnu), et elle appela chacun d’eux Dorothée, en hommage à son amie. Lorsque certains de ses poussins devenaient « d’horribles coqs », elle les renommait Daniel.

Cartes

Baum et le chaînon manquant

Du temps de L. F. Baum, le concept de chaînon manquant était très à la mode ; il a germé au milieu du 19e siècle, à l'époque où Charles Darwin a publié De l'origine des espèces (1859).

L'idée qu'il doit exister quelque part des restes fossilisés d'une espèce d'homme-singe a fasciné nombre d'écrivains qui ont exploité le thème, comme Edgar Rice Burroughs, J.-H. Rosny Aîné ou Jack London, et dans les milieux scientifiques, elle a perduré jusqu'au XXe siècle .

Le concept du chaînon manquant s'est développé alors que les évolutionnistes pensaient que l'évolution d’une espèce était essentiellement linéaire, une espèce primitive donnant progressivement naissance à l'espèce évoluée présente de nos jours.

Le chaînon manquant désignait alors l'ancêtre qui rattachait cette lignée à l'espèce primitive dont elle s'était séparée.

On sait désormais que l'évolution se fait par buissonnement de multiples espèces dont seules quelques-unes ont eu une descendance qui subsiste aujourd'hui. Les formes fossiles foisonnent donc aussi, sans toutefois faire partie, le plus souvent, d'une lignée linéaire entre une espèce actuelle et son ancêtre primitif.

En fait, l'idée de chaînon manquant existait depuis longtemps, elle était alors liée à un concept philosophique ancien, celui de la grande chaîne (ou la grande échelle) des êtres, qui plaçait Dieu, le Créateur universel, au sommet de tout, en commençant par divers purs esprits, pour passer ensuite, en succession descendante, à l'Homme.

Le Monarque Magique de Mo, chapitre 12

Les singes dans le Monarque Magique de Mo

En français, on désigne sous le nom de singes tous les primates, du chimpanzé au ouistiti en passant par le macaque et le mandrill, tandis que l'anglais distingue les grands singes qui n'ont pas de queue qu'ils appellent apes et les autres, qui sont plus généralement plus petits, moins intelligents et ont une queue qu'ils appellent monkeys.

Quand vous discutez avec un anglophone, si vous parlez de singes, votre interlocuteur ne se représentera pas la même chose suivant que vous lui parliez de monkeys ou de apes. Ainsi, le film américain inspiré du roman de Pierre Boulle la planète des singes, n'a pas pour titre original the planet of the monkeys mais the planet of the apes.

Comme le chapitre 12 du Monarque Magique s'intitule The Land of the Civilized Monkeys, on ne peut pas s'y tromper, Baum ne pense pas à des hominoïdes comme les chimpanzés ou des gorilles, mais bien à l'autre sorte de singes comme les ousititis.

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