Zixi, la Reine d'Ix - 14

La déroute de l'armée Ixienne

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Le lendemain, l'activité battait son plein à Nole. Le Général de trois mètres franchit les portes de la cité à la tête de ses sept mille sept cent soixante-dix-sept hommes, qu'il fit ensuite aligner en rangs de bataille sur la crête d'une colline. Puis il demanda à Tante Rivette de survoler la montagne pour voir où se trouvait l'ennemi.

La vieille femme accepta la mission avec joie. Entre temps, elle avait eu le temps d'apprendre à voler, et elle était devenue une experte dans cet art. Fière de ressembler à un oiseau, elle avait pris l'habitude de s'habiller en robes amples avec nombres de franges et de volants multicolores qui auraient rendu jaloux un perroquet des îles. De plus, quand elle prenait son envol, des banderoles de soie vertes et jaunes se déployaient derrière elle, ce qui provoquait chaque fois l'admiration générale.

En quelques coups d'ailes, Tante Rivette franchit le sommet de la montagne, puis elle aperçut la grande armée de la Reine Zixi en train d'arpenter le versant opposé. Les soldats l'aperçurent aussi, frappés de stupeur en voyant cette femme voler comme un oiseau, ils s'immobilisèrent soudainement. Jusqu'alors, ils ne doutaient pas une seconde que leur reine vaincrait, car elle était sorcière et avait de grands pouvoirs. Mais maintenant qu'ils constataient que le peuple du Noland pouvait accomplir de telles merveilles, ils perdirent courage.

Zixi donna l'ordre à ses archers de tirer sur Tante Rivette, mais elle l'annula aussitôt, car la vieille femme était or de portée des flèches, qui eussent été utilisées pour rien.

Alors que l'armée Ixienne se dirigeait vers Nole, l'Intendant en Chef envoya Hirsute dans leurs rangs pour semer un peu plus de trouble qui n'en régnait déjà. Le chien trottina tranquillement au milieu des soldats Ixiens, et de temps en temps, il s'arrêtait et disait d'une grosse voix :

« L'armée du Noland va vous écraser ! »

Alors les soldats regardaient autour d'eux, se demandant qui pouvait tenir des propos aussi menaçants, mais ils ne voyaient rien d'autre qu'un petit chien. Et Hirsute faisait semblant de se gratter de sa patte arrière gauche*, il avait l'air tellement innocent que personne ne l'eût suspecté un instant de savoir parler.

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« Nous voilà entourés d'ennemis invisibles ! » s'étaient écriés les soldats, Ils se seraient bien enfuis, si la Reine Zixi ne les avaient traités de lâches et ne leur avait assuré qu'ils avaient seulement cru entendre des voix. Certain la crurent, d'autres non, néanmoins, ils décidèrent de rester pour combattre, ainsi, ils n'auraient pas fait tout ce chemin pour rien.

Alors ils se remirent en rang de bataille, et ils marchèrent vaillamment vers l'armée Nolandaise.

Ils étaient encore à bonne distance, avec les généraux chevauchant à leur tête, quand l'Exécuteur des Hautes Œuvres étira son bras et tira un autre général ennemi de sa selle, comme il l'avait fait la veille, puis il le traina jusqu'à son camp où les hommes de Nole le ligotèrent.

En voyant cela, les soldats d'Ix poussèrent des murmures d'horreur et s'arrêtèrent à nouveau.

Le long bras revint peu après et préleva un autre général dans leurs rangs pour le faire prisonnier.

La Reine Zixi pestait rageusement en hurlant des ordres, mais Tellydeb, qui s'amusait beaucoup, continua à capturer les officiers les uns après les autres. Jusque là, il n'y avait eu aucun signe de bataille, pas une seule flèche n'avait été décochée, pas une seule hache n'avait été lancée.

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Puis, pour ajouter au trouble de l'ennemi, le gigantesque Général de trois mètres vint se tenir devant l'armée de Nole, il brandissait une épée de près de deux mètres en rugissant d'une voix de tonnerre qui fit trembler toute l'armée Ixienne :

« En avant, soldats du Noland ! Exterminez l'ennemi, que pas un n'en réchappe ! » 

C'était plus que n'en pouvaient supporter les Ixiens. Remplis de terreur, ils abandonnèrent leurs armes en s'enfuyant, franchirent le sommet de la montagne et se dispersèrent dans toutes directions sur l'autre versant, chacun pour soi, croyant que l'armée de Nole était sur leurs talons.

Mais ce n'était pas le cas, pas un seul soldat de Nole n'avait bougé. Tout le monde fut ravi de cette victoire facile, le Roi Tim, tellement amusé au spectacle de l'armée adverse en déroute, se roula par terre en riant, et même le très austère Général Tollydob esquissa un sourire de satisfaction.

Puis, toutes bannières déployées, l'armée retourna dans la Cité au son de la fanfare. La guerre entre le Noland et Ix était terminée 

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*Vous avez sans doute remarqué que Baum donne souvent ce genre de détail n'ayant aucune incidence sur le déroulement de l'histoire (NdT).

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